Philippe Dorin, l’auteur qui inspire Nadège Héluin

Du vendredi 16 au dimanche 19 mars, le LEM présentera l’une des créations qu’il accompagne : Poser ses pieds sur un petit tapis mis en scène et interprété par Nadège Héluin. Ce spectacle de rue repose sur un montage de trois textes de Philippe Dorin : Dans ma maison de papier j’ai des poèmes sur le feu, Sacré silence, et En attendant le Petit Poucet.

Né en 1967, Philippe Dorin s’est offert une place dans le monde du théâtre en partageant son temps entre mise en scène, comédie et écriture. Mais c’est surtout en tant que dramaturge pour le jeune public que ce dernier s’est forgé sa réputation. Après avoir travaillé pour le TJP de Strasbourg, il fonde avec Sylviane Fortuny la compagnie Pour ainsi dire avec laquelle il crée cinq spectacles dont le dernier, L’hiver, quatre chiens mordent mes pieds et mes mains a été couronné du prix Molière du spectacle jeune public.

C’est cette volonté d’écrire pour ce public particulier qui a modelé sa plume et a fait surgir la nécessité d’un style simple, épuré et de mettre en scène des situations concrètes que les plus jeunes soient susceptibles de comprendre. Reprenant le format traditionnel du conte, Philippe Dorin le détourne pour se détacher de la grande histoire aventureuse au profit de la petite, de l’accessoire, du superflu, de toutes ces questions parasites qui viennent nous éloigner de l’essentiel.

Toutefois, si l’écriture de Phillipe Dorin s’adresse avant tout aux enfants, elle n’en exclut pas pour autant les adultes et l’auteur aime jouer sur les différents niveaux de lectures. Ne craignant pas de mettre les plus jeunes face au sentiment que quelque chose leur échappe, il estime que cette part d’inconnu qu’ils perçoivent sans l’identifier attise leur curiosité et leur imagination et leur permet de grandir. L’essence même de son écriture, constituée de fragments éparses se nourrit de la volonté de générer une multiplicité de sens, de laisser des creux et de générer un espace propice aux interrogations et aux remaniements.

Ainsi, de son propre aveu ce qui a séduit Nadège Herluin à la lecture de ces textes, ce sont les points de suspension, ces non-dits qui émaillent ce langage poétique et que le spectateur comme elle-même s’efforcent de combler à leur manière, faisant des écrits de Philippe Dorin une matière mouvante et protéiforme.

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